Marco Simoncelli

23 octobre 2011

J’ai appris la mort de Marco Simoncelli, pilote de moto bourré de talent pour qui j’avais beaucoup d’admiration, vers 15h cet après-midi. Depuis, je me répète toutes les raisons qu’il y a de ne pas m’en émouvoir. Je n’avais aucun lien avec lui, ni amicaux ni géographiques. Il n’est qu’un parmi tous ceux qui meurent chaque jour, naturellement ou artificiellement — d’accident ou de maladie. Je ne le suivais pas depuis si longtemps, deux ans tout au plus. Et, surtout, il avait le luxe de pouvoir risquer sa vie régulièrement, alors que tant de gens si près de moi luttent pour préserver la leur. Je n’ai aucune raison d’être bouleversé par sa mort. Et pourtant, je le suis. Depuis cet après-midi, vers 15h, je ne peux sortir de ma tête cette tristesse, ce choc, ces larmes qui cherchent à rejoindre mes blancs d’yeux. Une douleur, car c’est bien de ça qu’il s’agit, une douleur qui me rappelle celle que j’avais eue en 1994, quand Ayrton Senna est décédé. L’impression que, sans le connaître, je le connaissais, à force de le voir courir chaque deux semaines, de regarder ses entrevues. L’impression qu’il incarnait l’essence de la course, auto ou moto, un peu de Gilles Villeneuve en lui, ce qui manque cruellement maintenant. L’essence de la course, et par là, la réflexion de ma passion pour celle-ci. Il était tout ce que j’aime de la course depuis que j’ai 4 ans.

Je suis capable de toutes les rationnalisations du monde pour savoir que je ne peux pas être ému de son décès. Mais l’émotion n’a rien de rationnel. Au revoir, Marco.

En empilant des couleurs

23 décembre 2010

Tout à l’heure, en pleine période de ce qui serait terriblement absurde si je n’avais pas un fils de 20 mois, j’empilais des bouts de papier de couleur en les comptant à voix haute. Le petit bonhomme, qui, a priori, ne sait pas compter, m’a sorti très clairement un «quatre», un «huit» et un «douze», empli d’une conviction que seuls ceux qui ignorent les malheurs gouvernementaux actuels peuvent se permettre.

La question se pose donc : les garderies mettent-elles de l’avant pour les groupes des 18 mois un programme axé sur les multiples de quatre?

Ma réponse : ça doit.

Chokage

23 décembre 2010

Il y a quelques années, je m’étais promis d’arrêter ça. Arrêter d’aller là où je ne veux pas aller, arrêter d’erresvéper n’importe quoi juste parce qu’«il faut». Puis, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas arrêter. Parce que là où je ne veux pas aller, il y a le monde, l’extérieur à affronter, et que, des fois, on y rencontre des gens importants. J’ai compris que quand «il fallait», ça voulait dire qu’il fallait. Alors j’ai continué à fréquenter ces événements où il y a des gens. C’est dur, pour moi, ça l’a toujours été. J’ai peur des regards, du jugement, des mots qui pourraient sortir croche ou, pire, pas du tout.

Ce soir, c’était le party de Noël de mon agent — cet homme formidable qui me fait oublier qu’il y a eu, un jour, un «avant que j’aie un agent». J’avais prévu y aller. Pour vrai. Je savais ce que j’allais porter. Mon frère était réservé pour garder l’amourable petite chose vivante qui sait chanter les cinq premiers mots de Petit Papa Noël, et qui finit par répéter «quand tu» à l’infini comme un disque rayé.

Quand mon frère est arrivé, je me suis dit que je n’avais plus le choix, je devais aller au party. Et puis, en une heure, j’ai dérapé. J’ai fait une rechute, et j’ai cru que j’avais le droit de choker, de faire ce qui me tentait et, par conséquent, de ne pas faire ce qui m’effrayait. Je suis resté chez moi. Avec mon frère et le petit être remueur d’intérieur qui compte jusqu’à deux en disant «un, un autre».

Ça devrait me faire du bien. Soulagement d’éviter des malaises répétés dans un party où je suis le nobody. Mais tout ce que ça me fait, c’est comprendre — une fois de plus — qu’on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie et que, quand on le fait, on finit toujours par se sentir coupable.

Gypse

14 décembre 2010

En écoutant Les Pauvres, neuf minutes et vingt-trois secondes de bonheur impur, puis Glory Box, cinq minutes et six secondes génératrices de mal de tête enivrant, je me suis rappelé qu’il n’y a pas si longtemps, j’étais ignorant. J’allais au Réno-Dépôt et je ressortais avec trois piasses et quinze de menues cochonneries, content d’avoir tout acheté ce dont j’avais besoin. Les locataires sont comme ça : exclusivement consommateurs, dans les centres de rénovation, de menues cochonneries. La section du fond, celle qui sent le bois, me semblait le royaume d’un autre peuple, aux pantalons sales et au langage mystérieux.

Puis j’ai acheté un duplex et la vie a changé. Je n’entre plus au Réno-Dépôt sans panier. Je n’en sors plus sans devoir plier la facture en 6 pour qu’elle fitte dans mon portefeuille. J’ai posé le pied droit tout près de la section du fond, celle qui sent le bois.

Il y aura toujours quelque chose à faire. Quand tout est parfait, quelque chose est toujours un peu moins parfait. La poignée de change qui traîne sur mon bureau devient maintenant une ressource allouable à l’une ou l’autre rénovation qui viendra dans un jour, un mois ou deux ans.

Là, c’est une garde-robe, dont la chambre était dépourvue. J’ai fait livrer dix 2 par 4 par 8 d’épinette, sept coins, des portes coulissantes, cinq feuilles de gypse de 4 par 8. Le gars est arrivé, a sonné, est monté dans son petit camion-lift, a droppé tout ça sur le trottoir, et est parti. Je lui ai fait des tatas, comme le gars qui pense faire partie de la gang.

Puis j’ai rentré tout ça, homme fort que je suis, une planche à la fois, une feuille de gypse à la fois. J’ai sacré, et mes pantalons étaient sales. Le gypse s’effrite comme la vertu : d’abord un faux mouvement, puis ça n’arrête plus.

J’ai lolé

10 décembre 2010

C’était la semaine passée, à la télé. Les funérailles de Pat Burns, aux nouvelles de TVA, je crois. Pour commenter l’événement, il y avait Bob Hartley et un autre que j’oublie, questionnés par l’animateur. On est donc en présence d’un analyste sportif plus ou moins francophone, qui doit parler d’un événement pas trop sportif, et surtout, un peu dramatique. What could possibly go wrong?

— Bob, on a beaucoup parlé du fait que Pat Burns n’avait pas été intronisé au Temple de la renommée avant sa mort, ce que déplorent de nombreux amateurs…
— Oui, c’est dommage. Plusieurs personnes auraient voulu le voir entrer au Temple avant sa mort. Mais ce n’est que partie remise.

Sur la croix

14 décembre 2009

Ça fait un estie de bail. Presque une cession, tiens. Et c’est même pas que je procrastine, même pas que je me dis qu’il faudrait bien qu’un jour. Juste un vide d’intérêt. Les blogues c’est mort, autant que Facebook descend, autant qu’un jour il faudra que certains comprennent qu’il n’y a pas que les réseaux sociaux dans l’univers et que 2.0 ça veut rien dire. Mais c’est une autre histoire. Là, maintenant, il y a ces touches que j’enfonce comme on pète un bouton, en pinçant, en grimaçant, mais avec le bonheur caché honteux d’aimer ça. Là, maintenant, il y a la resurrection d’un blogue qui remourra demain, joyeuses Pâques sur la croix. Je me remets à écrire, tant pis pour les gens. Je me remets à écrire, ferme tout le reste sauf la vraie vie. J’écris ici pour dire que je n’écrirai pas ici. Ce n’est pas la première fois, je mettrais bien un hyperlien mais pas tant que ça. Et puis les hyperliens, c’est tellement pas 2.0. À vous de le mettre, user-generated content, ciboire, faites-moi un vidéo où vous me chantez mon hyperlien, youtubez-le et embeddez-le dans les commentaires ici, UGC FTW. Deux point zéro de mes deux, et ses supervedettes déjà has-been, si jeunes et déjà si vieux, qui radottent les mêmes niaiseries, convaincus qu’ils ont raison, à des gens qui s’en foutent. Les ornières titanesques, le grand corridor des réseaux sociaux, et le noir tout autour. Qui n’ont qu’un marteau dans leur coffre à outil.

Qui pensent construire de grandes bâtisses, qui bâtissent de grandes bêtises.

Un petit bonjour…

19 septembre 2009

... à ceux qui m’ont dans leur fil RSS. Bonjour là.

Des chiffres

29 avril 2009

Il y a deux semaines, c’était le cinquième anniversaire de la parution d’Échecs amoureux et autres niaiseries.

Cinq ans.
Quatre romans.
Treize épisodes d’une série jeunesse pour adultes.
Cinq versions dialoguées d’un scénario de long métrage.
Trois projets de série télévisée.
Quatre-vingt-cinq chroniques pour le Journal de Montréal.
Huit textes pour Urbania.
Dix-sept textes pour les Auteurs du dimanche.
Deux posts pour le Sportnographe.
Une douzaine de textes pour diverses revues.
Deux lettres pour le coffret des Impatients.
Une chronique et demie à Flash.
Cinq blogues.
Cinq cent trente posts de blogue.
Quatre-vingt-sept photos de petits objets.
Deux ans d’une job à temps plein.
Et une souris verte. Ça se salit vite, ces souris Mac.

Il faut vraiment que je réévalue la pertinence du nom de ce blogue.

Indécence

16 mars 2009

Qu’à Tout le monde en parle, on coince le ministre du Patrimoine avec un quiz sur des personnages «culturels», c’est mesquin, gratuit, inutile. Que RDI, dans son bulletin de nouvelles, repasse au complet l’extrait de Tout le monde en parle, comme si c’était de la nouvelle, c’est carrément indécent. Du calibre du bulletin de TVA pendant lequel on avait reçu comme invitée une participante au Banquier (TVA avait été blâmée par le CRTC à cette occasion).

Le petit stunt de Tout le monde en parle, c’est de la manipulation de l’opinion publique. Ça fait croire au monde que ce qui est primordial pour un ministre du Patrimoine, c’est de connaître des éléments de culture et rien d’autre. Ça crée un scandale avec rien. Oui, c’est déplorable que le ministre n’ait pas pu identifier Atom Egoyan et Robert Lepage (Jean-René Dufort, on s’en fout). Mais ce n’est pas dramatique. Ce qu’il faut savoir, et c’est ce que le public, aveuglé par Guy A, semble oublier, c’est qu’un ministre, c’est un administrateur, un gestionnaire. Je préfère de loin un ministre qui soit un excellent gestionnaire pas trop cultivé qu’un ministre qui soit un homme très cultivé mais qui ne sait pas gérer. Je ne dis pas que Moore est un excellent gestionnaire (je ne sais pas), mais je dis que c’est honteux de le coincer sur autre chose que ça. Et je suis triste de voir que les gens embarquent, et crient au scandale, sans perspective.

Un exemple, pour le fun de la mise en perspective : Si je donne dix cas médicaux au ministre de la Santé, et qu’il n’en diagnostique que trois correctement, allez-vous crier au scandale? Ce n’est pas sa job de connaître la médecine de fond en comble. Sa job, c’est d’administrer le réseau. C’est la même chose avec le ministre du Patrimoine. Ce n’est pas sa job de connaître tous les acteurs culturels du pays (même si oui, ça serait cool qu’il en connaisse davantage). Sa job, c’est d’administrer le réseau patrimonial canadien.

Encore une fois, je ne juge pas de la qualité du ministre en question. Il est peut-être pourri, comme Ministre. Mais s’il est pourri, ce n’est certainement pas parce qu’il ne connaît pas Félix Leclerc.

Donc, oui, le quiz, c’était épais. C’était se servir tout croche du privilège des ondes, c’était manipuler le public de façon grossière. Et que RDI reprenne l’extrait comme si c’était une nouvelle, c’est encore pire.

Je ne suis pas de bonne humeur.

00 _ Exploser

15 décembre 2008

Internet va me tuer. Un jour, ma tête va exploser, physiquement exploser, des morceaux de cerveau vont se répandre partout dans mon bureau, sur l’écran de l’ordinateur, et ces morceaux-là vont eux-mêmes exploser, se répandre dans mon visage inerte. Internet va me tuer, parce qu’il m’empêche de faire ce que j’ai à faire, et que je n’y peux plus rien. J’ai perdu tout contrôle sur ma vie, sur mes gestes, sur mes pensées. This is your brain on Internet. Un jour, je vais ODer dans d’atroces convulsions, loin de tout, mort d’angoisse. Il y a beaucoup trop de choses à savoir, trop de choses à apprendre, pas assez de temps. Trop d’accès à tout, trop facilement, trop gratuitement, trop devant mes yeux. Je lisais sur le Dyatlov Pass Incident l’autre jour, au lieu d’écrire mon film, et j’ai compris. Il y a toujours eu trop de choses à apprendre, mais elles n’étaient pas toutes accessibles. J’acceptais de ne pas tout savoir. Maintenant, je ne peux pas, je ne peux rien ignorer, j’ai accès à tout ici, chez moi, dans ce bureau aux murs pas encore couverts de cerveau. Je dois tout savoir. Ça fait mal.

Internet va me tuer. Hard.

01 _ Un franc succès

7 décembre 2008

Il est 1h44, à quelques jours près. Les vingt derniers jours m’ont semblé durer des mois.

Mais j’ai réussi: 200 mots par jour pendant vingt jours, ici même devant vos yeux écarquillés et vos sourcils rasés (drôle d’idée, mais c’est votre décision, je ne juge pas). Exactement 200 mots, ça c’était le côté amusant de l’exercice. Vingt jours consécutifs, ça c’était le côté plus difficile. Mais dans la mesure où l’on change le sens du mot consécutifs, je pense qu’on peut qualifier l’aventure de franc succès. Je ne suis pas peu fier. Cela dit, il ne m’en faut pas beaucoup pour être fier. Vendredi, j’ai fait poser mes pneus d’hiver, et ça fait deux jours que j’en parle à tout le monde, la voix fébrile, le sourire aux lèvres, le torse bombé et le pain croûté.

C’était un bel exercice, ces textes, un exercice qui m’a permis exactement ce que je voulais qu’il me permette. Ça m’a permis de me sentir libre, de m’amuser, d’explorer, d’avoir des idées qui ne servent à rien, de créer sans pression, de jouer dans mon carré de sable.

Et surtout, ça m’a permis de savoir ce que je voulais faire quand je serai grand.

02 _ Six jours plus tard

25 novembre 2008

Il y a eu ce gars qui m’a demandé un orthographe, cette caissière qui ne voulait pas vendre mes livres et les changeait pour d’autres, ces chasseurs de signets sauvages qui ne remerciaient personne, cet homme dans la cinquantaine qui ne savait pas ce qu’était un film pornographique, cette sécheresse poussiéreuse, ces prénoms qu’on a dû m’épeler lettre par lettre (dites-moi, qui prénomme sa fille Sunny-Kay?), ces personnes qui me demandaient l’emplacement du stand 411 ou l’horaire de Bryan Perro, ces gens qui voulaient que je dédicace un livre écrit par un autre, ces parents qui commençaient à lire le titre de mon premier épisode à voix très haute et qui, au milieu du mot «pornstars», baissaient terriblement le ton et s’en allaient, cet article dans le Journal de Montréal qui parlait de Mathieu Sicard, cette incapacité à décrire Pavel en moins de 10 minutes, cette personne dont j’ignorais si elle était un gars ou une fille et qui a eu le malheur de s’appeler Gabriel (ou Gabrielle), cette éditrice qui m’a embrassé en me disant «Salut Steve!». C’est pour ça que j’adore les salons du livre. Ces choses-là ne s’inventent pas. Et ces choses-là n’arrivent pas dans mon bureau.

03 _ Un peu peur

4 novembre 2008

Si j’avais à écrire une phrase faisant la promotion de la langue française, et que je savais que cette phrase allait se retrouver sur d’énormes panneaux, je pense que je ferais attention. Je m’arrangerais pour qu’il n’y ait pas de faute. Pour qu’il n’y ait même pas la possibilité d’un petit doute. Pour que personne ne puisse soulever le fait que, techniquement, il y a un problème de ponctuation. Je m’arrangerais pour que, si quelqu’un veut chialer, je puisse lui mettre la règle dans la face, et qu’il ferme sa gueule. Pas l’inverse. Parce que si je faisais l’inverse, si je déviais de la règle un peu, pour que ça coule mieux, et qu’on se plaignait, je serais pogné pour dire «oui mais t’sais, vu de tel angle, ça se peut». Si c’était moi qui avait à écrire cette phrase-là, cette phrase à imprimer sur un panneau pour dire que la langue française est belle, je me la jouerais Maurice Grevisse en ta’.

Mais ce n’est pas moi qui l’ai écrite, la phrase que je vois un peu partout quand je me promène en auto. La phrase à la virgule qui fait un peu mal.

Qui fait un peu peur.

04 _ Internet of Dreams

31 octobre 2008

Sachez-le.

Il y a quelques années, un coup de génie sur le Web arrivait une fois par mois, un peu plus fréquemment quand on était chanceux. Il suffisait de créer quelque chose d’unique, d’écœurant, et tout le monde accourait.

Ce n’est plus le cas. Il se publie aujourd’hui sur le Web des centaines de coups de génie par jour. Certains percent mieux que d’autres, mais le simple fait d’avoir une idée géniale ne garantit plus des hits, un succès renversant, la notoriété.

Dur de croire que des gens demandent encore une «campagne virale», veulent encore qu’on crée pour eux une vidéo conçue spécialement pour que tout le monde veuille l’inclure dans un email, puis insérer les adresses de ses connaissances, puis écrire un petit «checke ça man, c’est tordant», puis cliquer sur send. Trop d’efforts, tout ça, il faut que ça vaille vraiment la peine. Et ça vaut rarement la peine, même quand c’est bon. On veut tous faire un truc qui nous rendra rois du Web. Mais on a plus de chances de gagner au 6/49. Pour vrai.

Internet n’est plus le Field of Dreams qu’il était il y a 7 ans.

If you build it, they won’t come.

05 _ La genèse de Pavel

15 octobre 2008

C’était il y a deux ans, au Salon du livre de Montréal. J’étais en pleine séance de dédicaces, et elle n’avait pas voulu me déranger. Elle m’avait juste donné sa carte, en me disant qu’elle avait quelque chose à me proposer. Quelques jours plus tard, on avait déjeuné près de son bureau, et en deux morceaux de patates, j’étais convaincu. «Comme une série de télé à lire», avait-elle dit. «Treize épisodes, 6000 mots chacun», avait-elle dit. «À part ces restrictions-là, tu fais ce que tu veux». «Oui», avais-je répondu.

Depuis ce jour-là, on s’est échangé 384 emails, on s’est parlé au téléphone pendant environ 35 heures, en personne pas mal plus longtemps. Depuis ce jour-là, j’ai écrit, réécrit, désécrit, corrigé, raturé, douté, souri, gueulé. J’ai fait respirer Martin et ses angoisses, Anouk et ses déchirements, Pavel et ses mystères, et un paquet d’autres personnages.

Et maintenant, deux ans plus tard, je vous présente ma fierté : Pavel. Le premier épisode s’intitule Plus vivant que toutes les pornstars réunies, et il sera disponible en librairie et dans les Couche-Tard dès lundi prochain (mettons mardi, pour être sûr…). Les douze autres épisodes suivront à raison d’un par deux semaines, pendant six mois.